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07 mai 2007

Comme prévu, hélas !

    Depuis des mois, on nous disait qu'il valait voter utile. Utile, c'est bien joli, mais utile à qui ? À Ségolène Royal et au Premier secrétaire du Parti socialiste personnellement ? On nous a dit et répété que Nicolas Sarkozy est un candidat dangereux pour la France, et qu'il fallait lui faire barrage. Mais très bien ! Faisons tout pour qu'il soit battu ! Or qu'a fait le parti socialiste ? Il a préféré garder ses œillères du camp contre camp. Les socialistes ont passé toute la campagne du premier tour à décrédibiliser le candidat du centre, et à le rejeter artificiellement vers la droite. Bien sûr, du jour au lendemain il est devenu fréquentable, et même promis à devenir premier ministre, en s'apercevant soudain que son projet n'est pas différent du projet socialiste : "vous êtes le meilleur défenseur du pacte présidentiel", "non non on n'est pas en désaccord", etc.

    Il y a là un problème de morale politique, quelque part. On ne peut pas passer des semaines à raconter des conneries pour éliminer quelqu'un qui, portant un projet très similaire, est mille fois mieux placé pour empêcher le triomphe annoncé d'une vision que tous deux dénoncent comme un danger. C'est irresponsable. Michel Rocard s'est risqué à dire la vérité : on l'a voué aux gémonies. C'est scandaleux.

    Tout le monde savait que Ségolène Royal n'avait aucune chance (contrairement à François Bayrou), mais on dirait qu'ils s'en fichaient et que l'important, c'était que Compère et Commère se retrouvent l'un contre l'autre. D'ailleurs, Mme Royal n'a semblé ni surprise ni affectée de cette défaite, pourtant considérable par son amplitude, malgré une mobilisation incroyable en sa faveur, depuis le centre jusqu'à l'extrême-gauche ! On en viendrait presque à se demander s'ils ne se sont pas mis d'accord pour se répartir les pouvoirs : à toi l'Élysée cette année, à moi l'Élysée dans cinq ans. Laissez-moi vous dire tout de suite que ce serait faire bien peu de cas de la volonté de changement incarnée par François Bayrou et portée par un grand élan populaire. Dès cette semaine, nous allons rassembler tous ceux qui nous ont fait confiance et travailler ensemble pour refonder la démocratie.

    Rendez-vous aux législatives !

04 mai 2007

Des centristes se mobilisent pour Ségolène Royal

Nous, électeurs libres de François Bayrou, après examen des projets des deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle, appelons en conscience à voter pour Ségolène Royal. En effet :

  • Nous avons relevé des convergences fortes entre les projets portés par Mme Royal et M. Bayrou :
    • sécurité sociale professionnelle,
    • assurance logement, priorité à l'éducation nationale, place accordée à la valeur travail (« il faut travailler pour vivre, et non vivre pour travailler »),
    • augmentation des minima sociaux,
    • approche consensuelle de la décision politique,
    • retour de la police de proximité,
    • création d'un Small Business Act à la française,
    • référendum sur la Constitution européenne,
    • volontarisme écologique,
    • indépendance de la presse,
    • etc.

Même sur les sujets économiques, nous sommes d'accord sur les finalités malgré des divergences sur le degré d'implication de l'État dans le processus.

  • Nous considérons que ce que propose M. Sarkozy ne peut conduire qu'au délitement de la cohésion nationale, à la destruction des mécanismes de solidarité, à la concentration des pouvoirs, à l'affaiblissement de la liberté de la presse et à la dénaturation du projet européen.
  • Nous pensons que seule une victoire de Mme Royal permettra d'éviter qu'un seul parti ait tous les pouvoirs en France. En cas de victoire de M. Sarkozy, il est plus que probable que son parti obtienne la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Il veillera alors à détruire toute possibilité d'influence de François Bayrou et à ramener l'UDF dans le giron de l'UMP. À l'inverse, en cas de victoire de la candidate, la droite battue comme la gauche minoritaire donneront des conditions idéales pour permettre enfin de sortir de la logique du camp contre camp.
  • M. Sarkozy n'a pas l'intention d'accepter la liberté de l'UDF, contrairement à Ségolène Royal qui a fait preuve de beaucoup de respect et a choisi la voie de l'ouverture, du dialogue et de la transparence. Elle laisse les centristes libres d'aller aussi loin ou aussi peu loin qu'ils le veulent dans leur rapprochement avec elle, plutôt que de les forcer à rentrer dans des cases.

Grâce au score important réalisé par François Bayrou et à l'ouverture assumée de Mme Royal, nous avons la possibilité de changer tout de suite les règles du jeu politique. Saisissons cette occasion maintenant, car un tiens en 2007 vaut mieux que deux tu l'auras en 2012.

Les centristes avec elle

 

Article diffusé en tract au cours de la campagne électorale de second tour.

Crédit photo : © KPM. Photographie parue dans le journal Le Monde.

03 mai 2007

Résultats du 1er tour à Paris

Désireux d'analyser quelque peu les résultats du premier tour de l'élection présidentielle à Paris, je me suis amusé à représenter la répartition géographique des votes, arrondissement par arrondissement (je n'ai pas trouvé les données pour les circonscriptions).

Voici ce que cela donne :

 

Nicolas Sarkozy

 

Ségolène Royal

 

François Bayrou

 

Il est intéressant de noter la grande différence entre les trois électorats qui se dégagent de ces trois cartes. En ce qui concerne les résultats de M. Bayrou, on observe que ses plus faibles scores sont réalisés dans les quartiers bourgeois des VIIe, VIIIe et XVIe, où M. Sarkozy fait le plein, et dans les quartiers populaires des XIXe et XXe où c'est Mme Royal qui empoche la mise. À l'inverse, les quartiers de culture — Quartier latin, Centre, Montparnasse et une belle résistance à Montmartre — sont ceux qui ont été le plus favorables à M. Bayrou.

 

Source des données : Mairie de Paris

Cartes réalisées par moi-même.

29 avril 2007

Bayrou-Royal : ce qui me rapproche de l'un, ce qui me rapproche de l'autre

Suite au débat qui s'est tenu ce matin entre le leader centriste et son homologue socialiste, voici quelques commentaires sur mon propre positionnement politique au regard des différents points abordés.

Domaines présidentiels

  • Institutions : Les deux candidats sont d'accord sur à peu près tout, moi aussi. À noter toutefois que si on supprime le 49.3 (ce qui est une bonne chose), il faudra également prévoir des mécanismes pour limiter l'obstruction. L'idée de Royal de confier la présidence de la commission des Finances à un élu de l'opposition (idée issue du pacte présidentiel et reprise récemment par un Sarkozy tentant d'acquérir son brevet de centrisme) est également intéressante.
  • Europe : Je suis tout à fait d'accord avec Bayrou, qui a toujours été très clair et très engagé sur cette question, mais je mets un bémol en ce qui concerne le salaire minimum européen : s'il est effectivement inapplicable aujourd'hui pour les raisons qu'il a exposées, devrait quand même être un objectif de convergence à long terme. En ce sens, sur ce point, je suis plutôt d'accord avec Ségolène Royal. Mais au final, les deux positions sont tout à fait conciliables.
  • Patrie : Je suis d'accord avec les deux. Je suis extrêmement attaché aux symboles de la France (probablement la conséquence d'avoir vécu en tant que Français de l'étranger pendant toute mon enfance) mais je n'ai pas envie qu'on m'oblige à quoi que ce soit à leur égard. De plus, je suis tout autant attaché aux symboles de l'Europe et je ne vois pas pourquoi on devrait privilégier l'une par rapport à l'autre.

Domaines ministériels

  • 35 heures : Là je rejoins Mme Royal lorsqu'elle dit que cette réforme va dans le sens de l'Histoire, quitte à revoir certains points (c'est également l'avis de Gilles de Robien). Et j'aimerais même qu'on aille plus loin, en facilitant les semaines de quatre jours. Cela suppose la désacralisation de la valeur travail, qui est à remettre à sa juste place : « il faut travailler pour vivre, et non vivre pour travailler ». C'est un principe humaniste, nullement incompatible avec les idées de l'UDF, bien au contraire.
  • Économie : Je suis plutôt d'accord avec François Bayrou lorsqu'il dit que ce n'est pas en multipliant les interventions de l'État qu'on va relancer l'économie. Celles-ci ne doivent cependant pas être écartées, mais elles doivent être soigneusement étudiées et cibler des catégories précises dans la lignée de la théorie keynésienne et du New Deal.
  • Retraites : La question de la loi Fillon me dépasse un peu, je ne me prononcerai pas dessus. En revanche, la suppression des régimes spéciaux proposée par François Bayrou me semble aller dans le sens de plus d'égalité. L'idée de retraites par points est également une idée intéressante. Enfin, je suis pour l'adoption de cette réforme par référendum pour lui donner une légitimité indéniable.
  • Minimum vieillesse : J'approuve la volonté de François Bayrou de la porter à 90% du SMIC. Ici, c'est Mme Royal qui ne va pas assez loin.
  • Police : Les deux candidats sont d'accord et moi aussi.
  • Éducation : Je suis d'accord avec François Bayrou pour faire de chaque lycée un établissement d'excellence. C'est une question de moyens et de volonté politique. Là encore le leader centriste est plus à gauche que Mme Royal.
  • Écologie : Je suis tout à fait d'accord avec M. Bayrou, tant en ce qui concerne la proposition d'un numéro 2 chargé du développement durable, avec un vrai service du plan, que sur le volontarisme écologique. Sur la question nucléaire aussi, M. Bayrou a trouvé le bon équilibre entre le conservatisme de la droite, qui ne veut pas entendre parler d'autre chose, et l'irréalisme de la gauche qui ne tient pas compte de l'inexistence actuelle de solutions alternatives crédibles. Entre le risque nucléaire et le danger du réchauffement climatique, le second devrait être ultra-prioritaire car il nous menace à très court terme. Il faut doc conserver l'énergie nucléaire pour le moment, ce qui n'empêche pas d'encourager très activement les recherches sur les énergies alternatives propres pour pouvoir se séparer de l'énergie atomique à moyen terme.

Conclusion

    Il y a beaucoup de points de convergence entre les deux candidats, et je les rejoins à chaque fois. Pour ce qui est des points de divergence, qui sont à mon avis bien moins profonds que François Bayrou ne le laisse croire, je suis à mi-chemin entre les deux postures des candidats, rejoignant Mme Royal sur les principes (salaire minimum européen, symboles nationaux, intervention de l'État) mais étant dans les faits souvent plus proche du pragmatisme et de la modération centristes.

29 mars 2007

Un ministère de... quoi déjà ?

Sarkozy qui veut un ministère de l'identité nationale, comme Orwell voulait un ministère de l'Amour et un ministère de la Vérité se défend sur le thème : dire que l'Amour c'est quelquechose de beau et d'important, est-ce choquant ? La Vérité est une valeur fondamentale, est-ce choquant ? Madame Royal a employé le mot "ignoble", vous vous rendez-compte combien c'est insultant, non pas pour moi, mais pour les millions de gens pour qui comme moi l'Amour et la Vérité sont des valeurs importantes ?
 
Ah, ben si c'est posé comme ça évidemment, moi je ne suis pas contre l'Amour ni contre la Vérité ! Et c'est pratique, on accorde pas de temps de parole à un opposant qui pourrait demander de manière perfide à quoi seraient occupés les fonctionnaires en charge de l'Amour ou de la Vérité, ou en l'occurence de l'Identité Nationale ?

 
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